Lutter contre l’obsolescence programmée en réparant

Il est arrivé à chacun d’entre nous de râler en constatant la panne d’un appareil d’électroménager acquis relativement récemment, refusant de fonctionner parfois quelques jours seulement après la date marquant la fin de la période de garantie. Comme si cela était fait exprès…. Pour éviter d’aller immédiatement à la déchetterie pour vous en débarrasser, il existe d’autres solutions.

L’obsolescence est-elle programmée ?

Les industriels et fabricants d’électroménager ont tout intérêt à ce que les appareils qu’ils fabriquent tombent en panne sans que celle-ci soit réparable, afin que nous investissions dans un nouveau matériel. Toutefois, cela pose quelques questions : ont-ils le droit de limiter volontairement la durée de vie de leurs produits dans le seul but d’en augmenter les ventes ?

Depuis 2015, la loi sur la transition énergétique classe l’obsolescence programmée parmi les infractions et la punie de deux ans de prison et 300.000 euros d’amende : il faut que le fabricant ait intentionnellement introduit un défaut fonctionnel pour écourter la durée de vie d’un produit (pièces intentionnellement fragiles qui casseraient sans être remplaçables ou à des coûts bien trop élevés…).

En réalité, c’est assez compliqué car, par exemple, en 30 ans, la durée de vie moyenne d’un réfrigérateur reste de onze ans, treize ans pour un congélateur et dix ans pour un lave-linge. En ce qui concerne les ordinateurs, c’est très différent puisqu’on est passé de 11 à 4 ans entre 1985 et 2015, et c’est encore pire pour les téléphones dont la durée de vie n’excède pas 2 ans en moyenne mais c’est surtout le diktat de la mode qui explique le changement en ce qui concerne les smartphones, bien que les fabricants ne sont pas en reste puisque certaines batteries sont rendues quasiment impossible à changer, par exemple.

Il ne faut pas oublier, pour ce qui est de l’électroménager, que les consommateurs veulent aussi des produits toujours moins chers, ce qui contraint les fabricants à utiliser des pièces peu chères, moins solides et de moindre performance. Quant aux réparateurs, ils sont devenus quasiment inexistants : l’activité a périclité car elle n’était pas viable puisque le coût de réparation est devenu trop important, rendant moins onéreux de racheter un appareil…sauf à changer la pièce soi-même.

Réparer soi-même ses appareils d’électroménager

En avril 2018, la feuille de route pour l’économie circulaire listait 9 mesures pour favoriser la réparation.

En janvier 2019, l’Union européenne a adopté une directive sur l’écoconception visant à réduire les incidences négatives sur l’environnement tout au long du cycle de vie du produit, ce qui devrait amener les fabricants à concevoir et commercialiser des objets facilement réparables et durables.

A partir de 2020, un affichage obligatoire, sur lequel travaille l’Ademe, indiquant la réparabilité devra figurer sur les équipements électriques, électroniques et électroménagers : il permettra au consommateur d’avoir une information sur la capacité de l’appareil à être réparé et donc à pouvoir durer plus longtemps.

Le développement de l’économie circulaire y gagne sous différentes formes : filières de de seconde main, via les systèmes de collecte et de recyclage, comme le réseau Envie qui regroupe des entreprises de l’économie sociale et solidaire, les acteurs du reconditionnement, les ateliers de réparation associatifs tels les Ressourceries, FabLab, Repair Café, Emmaüs...

Les métiers de la réparation ont de l’avenir à condition que la disponibilité des pièces détachées ne soit plus un frein, y compris pour les particuliers : par exemple, le Site de la pièce qui s’est positionné sur internet offre un catalogue de très nombreuses références de pièces détachées électroménager de plus de 700 marques. De quoi lutter contre l’obsolescence programmée et contre les déchets électriques et électroniques qui s’accumulent !

Écrit par Camille le dans Objets

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